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#AUSummit : Louise Mushikiwabo entre en campagne pour l’OIF

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L’actuelle ministre rwandaise des Affaires étrangères a profité du sommet de l’Union africaine qui se tient à Nouakchott, en Mauritanie, pour lancer sa campagne pour la tête de l’OIF. En effet, le premier mandat de Michaëlle Jean au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie arrive à son terme en octobre prochain, lors du sommet en Arménie. Elle aura donc face à elle Louise Mushikiwabo, qui espère à Nouakchott obtenir le soutien des pays d’Afrique francophone.

Ce sommet de l’Union africaine, c’était la grand-messe idéale pour lancer sa campagne. L’air assuré et confiant, vêtue d’une robe en wax bleue, Louise Mushikiwabo a déjà remporté l’adhésion d’une grande partie des Etats africains. Dans les couloirs du Centre de conférence de Nouakchott, la ministre rwandaise des Affaires étrangères prend le temps de saluer ses pairs, de discuter de son programme. Chef d’orchestre du Conseil exécutif, Louise Mushikiwabo encourageait jeudi, les Etats encore réticents, à nouer des partenariats avec l’Europe pour des relations « gagnant-gagnant », selon ses mots.

Si les débats ont été longs et parfois douloureux, les ministres des Affaires étrangères ont en revanche très rapidement tranché sur la question de sa candidature à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. Louise Mushikiwabo a fait l’unanimité et devrait d’ailleurs être la seule candidate du continent. Illustrant parfaitement la nouvelle stratégie africaine pour ces grandes nominations. A savoir ne plus arriver en ordre dispersé, mais rassemblés derrière une personnalité.

Une ministre efficace

« Elle est efficace, et a fait un excellent travail comme ministre », commente un participant. Pourtant son talon d’Achille pourrait justement être ce rang de ministre et la résonance que peuvent avoir ses décisions en cas de désignation. « Jusque-là, on a eu des anciens chefs qui s’adressaient à leurs pairs. Avec leur posture de président, leur parole avait un certain poids »explique un diplomate« Contrairement à ces personnalités comme Abdou Diouf, Louise Mushikiwabo reste une ministre ». Une critique qui avait déjà concerné Michaëlle Jean lors de sa nomination en 2014.

Pour les responsables africains, il n’y a en tous les cas pas de problème de langue. « L’anglais n’est pas un problème. Elle parle parfaitement le français et le Rwanda était un pays francophone dans un passé récent. Le Rwanda a déjà fait un pas vers la Francophonie. C’est déjà la France qui l’a adoubée », assure un diplomate croisé dans les couloirs en marge du sommet de l’UA.

Et en effet, elle pourra compter ce lundi sur le soutien du président français, Emmanuel Macron, à l’origine de son entrée en lice. C’est en effet lui qui a émis le premier l’hypothèse de la ministre rwandaise pour succéder à Michaëlle Jean, dès janvier 2018. Une idée pour laquelle il a ensuite obtenu l’aval de Moussa Faki Mahamat et surtout de Paul Kagame, dont Louis Mushikiwabo est la ministre depuis plus d’une décennie. Emmanuel Macron sera présent à Nouakchott pour le dernier jour de la rencontre et il y a fort à parier que des discussions auront lieu dans les coulisses à propos de cette candidature rwandaise pour briguer la tête de la Francophonie.

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