
TRIBUNE – Alors que le Conseil exécutif de l’UNESCO a, le 6 octobre 2025, recommandé la candidature de l’Égyptien Khaled El-Enany au poste de Directeur général de l’Organisation, le diplomate congolais Firmin Edouard Matoko demeure une figure de référence dans cette élection, incarnant une approche fondée sur la continuité, la connaissance institutionnelle et la défense d’un multilatéralisme inclusif.
Par Vénicia Guinot, Editrice en Chef, TROPICS MAGAZINE
Ancien Sous-Directeur général pour la Priorité Afrique et les Relations extérieures, Firmin Matoko a consacré plus de trois décennies à renforcer le rôle de l’Afrique dans le système multilatéral. Il a accompagné les États membres dans la mise en œuvre de programmes de développement éducatif, scientifique et culturel, tout en soutenant la coopération Sud-Sud et les partenariats interrégionaux.
Sa connaissance fine des rouages internes de l’UNESCO et sa proximité avec les réalités des pays en développement font de lui une personnalité respectée et écoutée au sein de la communauté internationale.
Le processus de désignation du Directeur général de l’UNESCO se déroule en deux étapes :
Le vote du 6 octobre, en faveur du candidat égyptien, constitue une recommandation — non encore la décision finale. L’approbation formelle interviendra lors de la 43e session de la Conférence générale, prévue en novembre 2025.
Dans cet intervalle, le débat diplomatique demeure ouvert et respectueux des procédures en vigueur, conformément à l’esprit de transparence et de collégialité qui caractérise l’UNESCO.
La candidature de Firmin Matoko s’inscrit dans une démarche de fond : celle d’une UNESCO au service du terrain, tournée vers la réduction des inégalités d’accès à l’éducation, la préservation du patrimoine immatériel, la promotion du dialogue interculturel et la valorisation des savoirs endogènes.
Sa vision plaide pour une institution où la coopération internationale s’articule autour du respect mutuel, de la diversité culturelle et du développement durable.
Dans un contexte mondial où les fractures économiques et culturelles s’accentuent, cette approche résonne auprès de nombreux États membres soucieux de préserver la vocation première de l’Organisation : construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes par l’éducation, la science et la culture.

L’Afrique, continent jeune, créatif et résilient, aspire à être davantage représentée non seulement dans les programmes de l’UNESCO mais aussi dans ses instances de gouvernance.
À travers la candidature de M. Matoko, cette aspiration prend une dimension concrète : celle d’une participation active aux grandes réformes, d’un plaidoyer pour le renforcement des bureaux de terrain et d’une coopération plus équilibrée entre les régions.
Sans remettre en cause le choix exprimé par le Conseil exécutif, il convient de souligner que la diversité des candidatures reflète la vitalité du débat multilatéral et la maturité diplomatique de l’Organisation.
Quelle que soit l’issue finale du vote à la Conférence générale, le parcours de Firmin Edouard Matoko rappelle l’importance des voix africaines dans le façonnement d’un multilatéralisme renouvelé.
Son engagement constant au sein de l’UNESCO, son attachement à l’éducation et à la culture comme leviers de paix, ainsi que sa diplomatie du consensus, contribuent à renforcer la légitimité et la pertinence de l’Organisation face aux défis du XXIᵉ siècle.
En définitive, au-delà des résultats électoraux, la présence de Firmin Edouard Matoko dans cette élection souligne une vérité essentielle :
L’avenir du multilatéralisme culturel ne se mesure pas seulement en votes, mais en visions capables de rapprocher les nations par la connaissance, la solidarité et la culture du dialogue.
Copyright Tropics Media Group Ltd., All Rights Reserved.






